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Résumé des interventions et des échanges
   
Alain Canet (Directeur AP32) : Introduction de la journée et rappel du contexte actuel


Il est communément admis que la production de bois ne regarde que le forestier et non l’agriculteur. La profession agricole doit aujourd’hui relever un défi de taille : produire plus et produire mieux tout en préservant les ressources naturelles. L’agroforesterie et les arbres champêtres ne sont-ils pas une solution pour relever ce défi ?
Dépourvues d’arbres les parcelles agricoles toujours plus grandes s’appauvrissent et demandent toujours plus de soins pour produire. En agroforesterie, l’arbre protège, l’arbre nourrit, l’arbre produit. Il protège les sols, les cultures et les animaux d’élevage. il nourrit la terre en matière organique et en éléments minéraux. cultivé, l’arbre est aussi une formidable usine à bois.

Après trente années d’expériences et de recherches, l’agroforesterie a démontré qu’elle était une solution innovante, simple, concrète et peu coûteuse pour produire plus et produire mieux. Associant des haies champêtres, des alignements d’arbres sur des bandes enherbées et des productions agricoles, l’agroforesterie propose un aménagement complet de la parcelle agricole au bénéfice de l’agriculteur et des territoires ruraux.

   
Jack Delozzo – Agriculteur agroforestier


Présentation des motivations et objectifs qui l'ont conduit à la plantation de parcelles agroforestières :

  • A la base, un intérêt pour l'arbre : plantation de haies et boisement de terrains dans le passé.

  • Possibilité avec l'agroforesterie de mettre en place un système cultural favorable à une agriculture de conservation et pérenne.

  • Intérêt agronomique : Protéger et enrichir le sol de la parcelle cultivée (lutte contre l'érosion - contribution a la fertilisation) Favoriser la faune auxiliaire (refuge et alimentation) l'habitat des auxiliaires de culture,la contribution a la fertilisation.

  • Intérêt économique : Apporter une plus value sur la parcelle à travers le bois d'œuvre qu'offriront les arbres tout le long de leurs cycles tout en exploitant les parcelles  - Possibilité de valoriser le bois produit lors des tailles d'élagage (BRF, bois de chauffe).

  • Intérêt environnemental : Entre autres, le gibier y trouve son compte car les bandes enherbées entre les arbres sont des bons refuges pour beaucoup d'entre eux.

Un dernier point de vue pratique sur l'agrofoforesterie : La parcelle cultivée avec ses alignements d'arbres est toujours jalonnée et reste pratique si l'on souhaite diversifier la parcelle avec plusieurs séquences végétales.

   
Sylvie Guillerme (Chargée de recherches – GEODE CNRS)
Présentation du programme Paysage de l’Arbre Hors Forêt (PAHF)


De nombreux enjeux
: culturels (histoire et qualité des paysages), sociaux (représentations), économiques (produits dérivés, valorisation sylvicole) qui concernent l’individu et la collectivité, l’agriculture et la forêt, l’arbre isolé et le paysage.
Malgré leur intérêt certain, ces systèmes ont connu une forte régression et sont encore insuffisamment pris en compte par les politiques.
Principales questions traitées par le programme PAHF : Quel est l’état des paysages de l’AHF dans les moyennes montagnes du sud de l’Europe ? Quelle est la place actuelle de ces paysages dans les projets de développement territorial ? Comment la renforcer et permettre la conservation de systèmes arborés qui sont économiquement et écologiquement marginalisés ?
Trois terrains de recherche dans le sud de l'Europe : l'Andalousie (Espagne), la Ligurie (Italie), la région Midi-Pyrénées (France).

Questions soulevées lors de l'intervention et commentaires :
Pourquoi ces systèmes de production si vertueux ont-ils tant régressé ?
® Impact de la politique agricole commune et du remembrement, de l'évolution du machinisme agricole et du faible coût des énergies fossiles et des intrants agricoles.
Il est important de considérer ces systèmes agroforestiers dans leur contexte pédoclimatique souvent difficile (topographie, climat semi-aride,…) et dans lequel un système de production intensif n'est généralement pas durable. A titre d'exemple, en Espagne, la destruction de parcelles de dehesa* pour intensifier la production, s'est rapidement traduite par des problèmes d'érosion, qui devraient encore s'accentuer de par le climat semi-aride de ces régions.
(* système agroforestier extensif associant chênes verts ou liège/ pâturage en rotation avec culture de céréales)

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Emilie Bourgade (Chargée d'étude - AP32)  : Bilan du programme expérimental agroforesterie dans le Gers
  • Pourquoi un programme d'agroforesterie dans le Gers : Résultats encourageants des travaux de  recherche menés sur l'agroforesterie "moderne", un terrain d'expérimentation intéressant (diversité des productions agricoles et des faciès pédoclimatiques gersois), pertinence de proposer un modèle d'agroforesterie plus intégré et mieux adapté à la diversité des enjeux agro-environnementaux.

  • Un programme mis en place il y a 3 ans et qui a permis de tester avec succès plusieurs paramètres techniques : Systèmes de protection des arbres et paillages biodégradables concluants, faibles taux de mortalité des essences utilisées, bonne adaptation aux conditions de production, etc… Plus de 100 ha plantés et des projets de recherche et développement construits autour de nouveaux partenariats.

Questions soulevées lors de l'intervention et commentaires :
Quel est l'intérêt de la bande enherbée au pied des arbres ? Risque de concurrence aux arbres ? Mécanisation possible ?
® La nouvelle réglementation (Ecoconditionnalité avec le maintien d'éléments topographiques, entre autres) tend à encourager ce type "d'infrastructures agroécologiques". De plus, sur le plan fonctionnel il y a une véritable complémentarité entre strates herbacées et arborées (ressources alimentaires, zones refuges, obstacle physique aux flux d'eau, etc…).
La bande enherbée est semée avant l'implantation des arbres et est généralement constituée d'un mélange d'espèces, associant graminées et légumineuses. Bien évidemment, il faut prévoir un paillage individuel au pied des arbres pour faciliter leur implantation les premières années. Nous avons fait le choix d'un paillage biodégradable (paille, BRF, ou film d'amidon).

Concernant la gestion de cette bande, un entretien régulier est nécessaire pour réguler le développement de la strate herbacée et limiter la concurrence. Dans la mesure du possible, on préfèrera le fauchage au broyage, en intervenant en dehors des périodes "sensibles" (reproduction de certaines espèces animales, ressource alimentaire stratégique). La gestion de cette bande enherbée reste cependant à améliorer  (outillage et itinéraire technique) pour mieux répondre aux contraintes de production.
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Catherine Cazal (Chef du service Environnement  - Conseil Général 32)
Contribution du Conseil Général du Gers au financement du programme gersois d'agroforesterie
  • Présentation des modalités de financement des plantations : Convention tripartite entre les prestataires, les planteurs et le CG32, types d'interventions financées (plants, protection, expertise,…), densités éligibles (30-150 arbres / ha). Le CG 32 a adapté ses aides à l'évolution des besoins (coût du paillage biodégradable notamment). En 2009, le CG 32 a ainsi consenti à une augmentation de 20 centimes de la subvention soit 3,12 euros/arbre.

A partir de 2010, pour être en conformité avec la réglementation européenne, le CG32 poursuivra son  programme d’aide en se rattachant à la mesure 222 relative à l'agroforesterie – mesure en cours d'inscription dans le Document Régional de Développement Rural de Midi Pyrénées. Les aides devront donc être révisées en 2010. Tout cela devrait se mettre en place d'ici mars 2010.

   
 Benoît Loussier
(Chef du service Agriculture Durable - DDEA 32) : Modalités de mise en place de la mesure 222 du PDRH
  • Rappel de l'objectif et des modalités de mise en place du fond FEADER : Fond européen qui doit contribuer au développement des zones rurales, à leur compétitivité, à la qualité de leur environnement et à leur diversification. Ce fond intervient dans une logique de cofinancement, en complément de fonds nationaux et régionaux.

  • Présentation rapide du Plan de Développement Rural Hexagonal (PDRH) = Plan stratégique national définissant les modalités de mise en œuvre des fonds pour la période 2007-2013.

La mesure 222 « Agroforesterie » s’intègre dans l’axe 2 = Amélioration de l’environnement et de l’espace rural. Elle est en cours d’élaboration au niveau national et sera prochainement déclinée au niveau régional (premier semestre 2010).

  • Modalités de mise en place (encore non établi définitivement) :
    Grande diversité de bénéficiaires - Investissements et travaux éligibles : conception et maîtrise d’œuvre, préparation sol et végétation, fourniture et mise en place de plants, protection et paillage des plants, entretien de la plantation – Densité de plantation : 30 à 200 arbres/ha - Essences : liste à déterminer au niveau régional. Objectif = production de bois d’œuvre. Les fruitiers seraient exclus (reste à définir) - Contrôle de la provenance des graines utilisées.
    Taux d’aide publique : Taux maximum de 70 %, ou 80 % en zone défavorisée (c'est le cas du Gers) - Répartition du financement entre le Conseil Général du Gers (45 %) et le FEADER (55 %)
    Instruction par le CG32 puis par la DDEA (partie FEADER). Le demandeur devra attendre l’attribution de l’aide pour procéder aux travaux - Engagements du bénéficiaire sur 5 ans à compter de la plantation.

Questions soulevées lors de l'intervention et commentaires :

  • Qui va définir la liste des essences éligibles aux plantations ?
    Il est prévu de constituer un groupe de travail qui associera un maximum de partenaires de manière à bien définir et préciser ce qu'est l'agroforesterie. Il faut éviter de répéter certaines erreurs du passé et favoriser des essences adaptées aux conditions pédoclimatiques et qui supporteront mieux les évolutions climatiques.  

  • Les fruitiers seraient exclus !!!?
    Les fruitiers de hautes-tiges auraient à priori légitimité à entrer dans la liste des essences éligibles. De même que les noyers et chataîgniers (reste à définir au niveau régional).

  • L'agroforesterie sera-t-elle soutenue dans les autres départements de la région ?
    Le Conseil Général de Haute-Garonne va certainement se positionner pour un cofinancement de la mesure.
  • Intervention de la Chambre d'agriculture du Gers pour souligner le travail qui reste à faire en matière de communication. Ces dernières décennies, il y a eu une rupture de la connaissance, ce qui explique en partie que l'agroforesterie ne fasse plus partie des pratiques actuelles. La Chambre reste très à l'écoute des nouvelles techniques de production, dont l'agroforesterie (notamment en système de parcours volailler). Elle est prête à relayer les résultats techniques et économiques des expérimentations auprès des agriculteurs et des techniciens agricoles.

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André Gavaland (INRA Toulouse - Domaine Expérimentation en grandes cultures)
  Agroforesterie au XXI ème siècle : Quel contexte ? Quelles stratégies ? Quelles questions à la recherche ?
  • Face au changement climatique et aux problèmes de qualité des eaux, de raréfaction des terres cultivables et d'érosion de la biodiversité, il y a nécessité à anticiper les choix qui seront faits en matière de systèmes de production. à Davantage d'efficience - Des systèmes à bas niveau d'intrants valorisant  les synergies entres espèces - Vers des systèmes de production diversifiés ?
  • Intérêt de l'agroforesterie : Fixation de carbone et contribution à réduire les émissions de GES (valorisation de la biomasse ligneuse) - Microclimat dans l’environnement proche de l’arbre (tampon climatique). Favoriser les interactions entre les strates – Etc..
  • Intérêt également des Technique Culturales Simplifiées (TCS) : Economie d'énergie, mais quelle compatibilité avec l'agroforesterie ?
  • Anticipation aussi du choix des espèces. Espèces à cycle court et adaptées au manque d'eau ?
  • Nécessité de faire évoluer la relation entre agriculture et société en éveloppant une nouvelle image de l'agriculture

Quelles questions posées à la Recherche pour l’agroforesterie ?
Mieux comprendre les interactions entre arbres et cultures, notamment au niveau du système racinaire.
Modéliser l’évolution des rendements agricoles
Modéliser la croissance des arbres agroforestiers
Evaluer le rôle de l’agroforesterie vis-à-vis de la biodiversité (notamment la biodiversité fonctionnelle et celle du sol : mycorhizes)
Agroforesterie et protection des milieux naturels (feux et inondations notamment)?

Question sociale : Quelle qualification pour les produits et les paysages agroforestiers pour une meilleure perception et valorisation du métier d'agriculteur ? à Stratégie commerciale. Produits diffusés via internet, communication rapide de l’image de l’agroforesterie. Qualification des paysages à Question adressée à GEODE

   
Charles Gers - UMR EcoLab (CNRS/INPT/UPS) : Quel paysage au niveau du sol ?

 

  • Quelques rappels fondamentaux : Un sol forestier a besoin d'1 à 2 siècles pour se constituer. A l'origine du sol : des matières minérales et organiques (importance notamment des végétaux et de la lignine dans le processus). Un contingent à considérer : Faune, bactéries et champignons (le sol est un compartiment vivant et non inerte).
    Question du labour et de ses conséquences : Une restructuration du sol avec remontée d'éléments minéraux et formation d'une semelle de labour.
    Nécessité de porosité (minimum de 25 %) pour la circulation de l'air et de l'eau et constituer des réserves
    Ces aspects peuvent poser problème pour l'implantation d'un système agroforestier (implantation des arbres qui doivent s'enraciner en profondeur).

  • Comment améliorer tout cela ?
    - Casser la semelle de labour par sous-solage
    - Maintenir les pailles en surface (6-7 cm) : protection du sol, isolation thermique,..
    - Si on laboure, éviter de travailler trop précocement
    - Conserver la structure des horizons et éviter la remontée d'éléments profonds (risque de perte de la faune et de la flore du sol)
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Fanny Rhone – (Thésarde - GEODE CNRS) :
Présentation du projet sur la contribution des paysages agroforestiers au maintien de l’abeille domestique

  • Présentation d'un contexte de crise : maladies, mauvaises pratiques agricoles et apicoles, pollutions, changement climatique, perte de ressources alimentaires

  • Pourquoi associer apiculture et agroforesterie ? : Fort potentiel pour la biodiversité (rôle de refuge, habitats diversifiés...)

  • Hypothèse : L’agroforesterie permet le maintien de ressources mellifères en quantité, qualité, dans l’espace et dans le temps.

  • Objectifs : Evaluer le potentiel mellifère d’un paysage agricole - Etudier le développement des colonies - Proposer de nouveaux aménagements des paysages agricoles tout en pérennisant le maillage arboré existant - Maintenir l’abeille domestique en milieu agricole - Evaluer le rôle et la perception des haies par le monde agricole et apicole

  • Présentation de la méthodologie

Questions soulevées lors de l'intervention et commentaires

  • Quelle place pour les fruitiers en agroforesterie ?

    A voir selon la liste des essences qui sera retenue au niveau régional dans le cadre de la mesure 222.

  • Rappel de la situation en condition de production agricole intensive : des ressources mellifères concentrées dans le temps sur quelques cultures et des périodes de carences alimentaires pour les abeilles. C'est là que ces systèmes agroforestiers peuvent intervenir avec la diversité et l'étalement des floraisons des strates arborées et herbacées.

  • Cette étude s'intéressera-t-elle uniquement aux alignements d'arbres dans les cultures ?
    Dans le cadre de cette étude, l'agroforesterie sera appréhendée au sens large (les haies, les arbres isolés, les alignements d'arbres dans les cultures, les petits bosquets,…)
    On a besoin aujourd'hui de quantifier tout cela, d'où l'intérêt de créer une base de données cartographiques de ces éléments arborés et herbacés.
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Eric Maire (Ingénieur de recherche - GEODE – CNRS) : L’extraction cartographique de la couche arbre hors forêt : un enjeu majeur pour la visibilité des paysages bocagers, des usages des haies champêtres et de l’agroforesterie ?
  • Constat et présentation d'une possible méthodologie d'extraction des éléments arborés

Questions soulevées lors de l'intervention et commentaires :

  • Jusqu'où pourra t-on discriminer les végétaux dans les infrarouges ?
    Il sera difficile effectivement de distinguer  les espèces mais les outils et les images disponibles évoluent beaucoup en ce moment. Il va falloir tester petit à petit.

  • Intérêt de cet outil cartographique vis-à-vis de la réglementation qui se met en place (PAC, etc…). Il s'agira de tout recenser pour pouvoir apporter des réponses aux diverses thématiques environnementales : la mise en place de la trame verte, les zones soumises à contraintes environnementales (érosion, nitrates), le stockage du carbone, la production de biomasse, etc.
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Pierre Labant (Chargé de mission AFAHC) :
Présentation du projet PAGESA (Principes d’Aménagement et de Gestion des Systèmes Agroforestiers)

  • Présentation du cadre : Guide technique national commandité par le Ministère de l’Agriculture et à destination des techniciens agroforestiers. Objet : La gestion et l’implantation de tous les éléments arborés des systèmes agroforestiers (haies, ripisylves, alignements…) à l'échelle d'une exploitation agricole.

  • Intérêt d'un tel guide : Premier document technique national sur la question de l’arbre champêtre pour les techniciens et les agriculteurs - Guide construit dans la concertation (une trentaine de contributeurs issus de diverses régions et professions) - Un outil simple, opérationnel et transversal – Favoriser les échanges et la compréhension entre les différents acteurs - Anticiper les évolutions de la réglementation.

  • Présentation de l'architecture du guide, de la méthodologie de diagnostic et des principes généraux d'aménagement et de gestion définis par thématique : Eau – Biodiversité – Sol – Paysage – Production agricole et de Biomasse – Climat.

  • Perspectives nationales

Questions soulevées lors de l'intervention et commentaires :

    • Comment ce guide sera-t-il diffusé?
      Dans la mesure du possible, il serait pertinent que ce guide, qui est propriété du MAAP, soit diffusé auprès d'un large public. Peut être sous forme d'ouvrage ? Il serait intéressant également de prévoir un complément sur la réglementation.

    • Les contraintes mécaniques liées à la production agricole ont-elles été considérées dans l'élaboration de ce guide ?   Oui

    • Il serait pertinent de prévoir la même chose à plus grande échelle (bassin-versant ou communes). Les acteurs locaux (élus, syndicats de rivières, etc..) à travers ce type de document pourraient faciliter le développement de l'agroforesterie au sens large.

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Laurent Lelli (Maître de conférence ENFA):
L'agroforesterie dans l'enseignement agricole
  • Présentation rapide des diverses formations de l'enseignement agricole public et des référentiels d'enseignement.

  • Présentation des formations continues relatives à l'agroforesterie proposées au Plan National de formation 2010. objectifs : Communiquer les connaissances scientifiques et techniques sur l’agroforesterie et encadrer les pratiques d’enseignements dans les référentiels pédagogiques - Accompagner l’ingénierie de projets agroforestiers avec les établissements agricoles français.

    Nécessité de faire évoluer les formateurs qui raisonnent beaucoup par discipline et sont parfois "hermétiques" aux nouveaux modèles de production et d'aménagement.
    Il faut d'abord construire le métier de technicien agroforestier pour une meilleure acceptation par les enseignants.

Questions soulevées lors de l'intervention et commentaires :

  • Les formations ciblées semblent s'adresser davantage à des étudiants déjà ouverts à l'environnement et aux questions d'aménagement du territoire. Il est nécessaire de s'adresser aussi aux futurs agriculteurs et chefs d'exploitation. Il faut leur prouver que c'est un modèle qui peut les intéresser et qui présente un réel intérêt économique!

    Lors de sorties sur le terrain réunissant des étudiants axés sur l'environnement et des étudiants en "Production agricole", nous constatons la richesse des discussions lors de la confrontation de points de vue.
  • Il faut arriver aussi à faire accepter la perte de rendement agricole liée à la place occupée par les arbres…

    Il faut effectivement travailler la question de l'acceptation culturelle que suppose l'introduction d'un système agroforestier. Dans les années à venir, dans les systèmes de production intensifs, on aura de toute façon des baisses de rendements (coût croissant des énergies fossiles et des intrants sur des sols agricoles appauvris) si on ne fait rien pour améliorer l'environnement des parcelles;

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Guillaume Dalleau, Antoine Dragon, Philippine Gin, Adrien Léturgie, Justin Prudhomme
(Groupe d’étudiants ingénieurs de l’ENSAT) :
Elaboration d’un support technique pour les futurs agroforestiers du Lauragais
  • Pertinence du modèle agroforestier dans le Lauragais (forte exposition au vent, érosion des sols et de la biodiversité, monotonie des paysages, forte empreinte céréalière, parcelles de grande taille,..).

  • Présentation de l'outil qui se veut être un support technique et didactique pour les agriculteurs en conversion en agroforesterie : Informations générales sur l'agroforesterie - Critères pour accompagner la prise de décision – Programme sous Excel (encore expérimental) vérifiant la viabilité économique des projets  - Accès via Internet sur le site de Arbres&Paysages d'Autan.

  • Intérêt des Techniques Culturales Simplifiées en complément de l'agroforesterie.

Questions soulevées lors de l'intervention et commentaires :

  • Le programme sous Excel appréhende-t-il le projet au niveau de la parcelle ou de l'exploitation ?
    Approche à l'échelle parcellaire

  • En cas de système avec irrigation, le programme prévoit une irrigation maximum sur 3 années, qu'elle en est la raison ?Une des spécificités des arbres agroforestiers est leur enracinement profond qui permet de limiter la concurrence pour l'eau et les nutriments et une meilleure résistance aux aléas climatiques. Si on irrigue trop souvent, on va favoriser un enracinement superficiel des arbres.

  • Dans le cas d'une agroforesterie avec techniques culturales simplifiées, il n'y a plus de cernage mécanique. Les racines des arbres ne vont-elles pas se développer en surface ?
    Si on implante majoritairement des cultures d'hiver les premières années, le sol va s'assécher en surface à la fin de l'hiver obligeant les jeunes arbres à prospecter les horizons profonds.

  • Sera-t-il possible d'extrapoler les expériences menées à Montpellier sur les terrains du Lauragais ?
    Dans tous les cas (Lauragais ou autre région), il faut toujours avoir une approche au cas par cas pour intégrer les spécificités de chaque site. Pas de schéma unique mais une diversité de modèles !

Autres apports :
Nécessité de considérer la temporalité des choses. Dans tous les choix qui seront faits, il faudra pendre en compte les effets du changement climatique (rechauffement, refroidissement, tempêtes,..).

Des travaux sont en cours sur la question de l'origine génétique des plants. A priori, les végétaux d'origine locale auraient un pool génétique leur permettant de résister davantage. L'AFAHC va travailler  sur cette question.

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